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Histoires de participants

Introduction

La politique Zone jeunes du Sud a été introduite par PSO en mars 2008 pour stimuler les membres de PSO à impliquer davantage de jeunes professionnels dans le Sud dans le travail de renforcement de capacités dans le Sud.

Auparavant, des placements Sud-Sud (S-2-S) avaient déjà lieu dans le cadre du Programme zone jeunes de PSO, mais seulement de façon occasionnelle. Innocent Misiko est un exemple de ces placements S-2-S « vieille école ». PSO lui a rendu visite durant ce placement pour constater et écouter son histoire en Ouganda.

Rencontre avec Innocent Misiko

Innocent Misiko (32 ans), est originaire du Kenya. Il travaille depuis septembre 2007 en tant que jeune professionnel dans le bureau ougandais de VSO. Pourquoi s'est-il porté candidat à ce placement ? Innocent explique qu'il avait le sentiment que son bagage académique en développement international et son expérience dans le domaine de l'évaluation des capacités des organisations répondaient bien aux exigences d'un programme de volontaire VSO (STAP) pour lequel une annonce venait de paraître dans les quotidiens locaux du Kenya.

Il posa sa candidature, suivit le programme de recrutement et de préparation et obtint un placement dans le bureau ougandais de VSO.

Placements

VSO International et VSO Ouganda en particulier ont au à faire face à une chute du nombre de leurs volontaires. Au début, les interventions de volontaires de VSOU avaient lieu sur la demande d'organisations partenaires (potentielles). Mais il arrivait de constater que les besoins ne correspondaient pas au stade de développement de l'organisation partenaire.

Par exemple, l'organisation partenaire estimait que son besoin le plus urgent était de collecter des fonds mais, lorsqu'arrivait le volontaire spécialisé dans les questions de collecte de fonds, il s'avérait clairement qu'avant de pouvoir commencer toute activité de collecte de fonds, l'organisation devait se doter d'une stratégie, d'une structure, de systèmes (y compris des systèmes de contrôle financier) et d'une proposition de projet viable (planning opérationnel). Sans ces mesures préalables, aucun bailleur de fonds potentiel n'envisagerait de les aider.

Ce genre de situation forçait le volontaire à faire un travail qui sortait de ses compétences, ce qui affectait de façon négative à la fois ses performances et sa motivation. Il en irait de même si la demande concernait un volontaire spécialisé dans les programmes (par exemple un expert en invalidité) et si ce volontaire constatait à son arrivée qu'aucune élaboration de programme ne pouvait commencer sans collecte préalable de fonds.

VSOU

Le problème fondamental est que ni l'organisation partenaire ni les chefs de programmes de VSOU ne disposent de compétences élargies en matière consultation en développement organisationnel / gestion d'ONG. Les chefs de programme sont par définition des experts dans le domaine des programmes (et ils auront des niveaux différents de capacités en matière d'organisation et de gestion).

C'est la raison pour laquelle VSOU a demandé un Organisational Processes Facilitator et Innocent a été recruté pour cette mission.

L'Organisational Processes Facilitator

Dans son travail de tous les jours, Innocent est responsable de l'évaluation des capacités organisationnelles parmi les partenaires potentiels et actuels de VSO Ouganda. VSOU concentre son action sur trois domaines du développement : Invalidité, Participation & Gouvernance et Santé & Bien-être social. Ses partenaires opèrent dans ces domaines. Innocent nous a expliqué le déroulement des processus. « Normalement, l'une des parties s'adresse à l'autre et VSOU organise la première rencontre soit avec le directeur soit avec le conseil de direction du partenaire (potentiel). »'

Cette première rencontre sert à procéder à une brève évaluation de l'organisation et, pour les parties, à se familiariser avec ce que les uns et les autres font et voir si cela est compatible avec les trois domaines dans lesquels VSOU est impliqué. Innocent explique qu'à ce stade, « nous examinons les questions telles que la prise en charge organisationnelle (mission, vision et valeurs), la gestion et la structure organisationnelles, la structure de gouvernance, les stratégies de mobilisation des ressources, les systèmes financiers, les systèmes de rapports internes et externes et la planification, la liste n'étant pas exhaustive ».'

Atelier

S'il existe une possibilité de partenariat, la décision est prise d'une seconde réunion (sous forme d'atelier) entre les deux parties, impliquant plusieurs parties prenantes telles que le personnel et la direction des deux parties afin de bien définir tous les détails de la coopération. Une fois les domaines de partenariat clarifiés, un cadre général est élaboré pour guider les interventions, cadre qui doit être accepté par tous avant la mise en oeuvre.

Cadre d'intervention

Durant la visite sur place de PSO, Innocent a organisé un tel atelier avec un partenaire potentiel appelé WADUP (Wakiso District Union of People with Disabilities).

L'ordre du jour de cette réunion stipulait : échange des attentes mutuelles, présentation des deux organisations, inventaire de l'environnement institutionnel et de l'organisation interne et analyse des forces et des faiblesses (SWOT). Innocent a précisé que les discussions ne s'étaient pas étendues à l'élaboration d'un diagramme des problèmes et des objectifs. « Ce point sera abordé lors de la 

prochaine session », a-t-il précisé. « C'est alors que nous saurons sur quels points PSO peut intervenir et quel type de placement est requis. Un plan de travail sera ensuite mis sur pied et un cadre logique sera esquissé pour l'intervention. »'

Innocent fait souvent part de ses actions aux chefs de programmes de VSOU dans le cadre d'une évaluation. Ces responsables le rejoignent parfois durant sa mission.

Résultats du placement

Lorsque l'on demande à Innocent quels sont les résultats obtenus à ce jour, il nous donne un exemple de partenaire recevant trois volontaires faisant tous les trois la même chose : la collecte de fonds. Dans cette organisation particulière, Innocent avait organisé l'atelier d'évaluation des capacités. Durant le travail de définition du cadre d'intervention, il s'est avéré que le principal problème résidait dans le système interne.

L'organisation ne disposait pas de systèmes internes adéquats, et manquait par exemple de compétences en matière de rédaction de rapports, de transparence et d'attribution de responsabilités. Un spécialiste du développement organisationnel est maintenant en place et fait un travail très efficace. Depuis le début de son placement et jusqu'à maintenant, Innocent a évalué plus de 20 organisations partenaires et procédé avec succès au placement de nombreux volontaires aux endroits où ils étaient vraiment nécessaires.

De plus, le travail d'Innocent a permis aux chefs de programmes de VSOU de devenir plus conscients et plus compétents en matière d'évaluation des besoins organisationnels avant le placement de volontaires.

Adaptation culturelle

Innocent est très satisfait de la façon dont se déroule son placement. Le fait que le Kenya et l'Ouganda soient des pays voisins l'a aidé à s'adapter plus vite au contexte culturel et lui a permis de se mettre sérieusement au travail et d'apporter une contribution adéquate. Grâce à des discussions régulières avec le directeur national sur le développement du cadre d'intervention et sur la méthode d'investigation par appréciation, Innocent a été stimulé à faire appel à ces techniques dans son travail de tous les jours.

Placements Sud-Sud (S-2-S) : La voie du progrès ?

En discutant avec Innocent du Programme zone jeunes du Sud de PSO, il a souligné que ce nouveau programme présentait un avantage indiscutable : « Jusqu'à présent, mon avenir est incertain. Je n'ai pas d'organisation où retourner à la fin de ce placement. Je vois donc un très net avantage dans le fait d'avoir une organisation qui envoie et une qui reçoit dans le cadre du programme. Je suis ainsi assuré de la durabilité véritable du placement et je sais que les aptitudes et connaissances acquises ne disparaîtront pas et que les ressources ne seront pas gaspillées à la fin de ce placement. »